Photographier la mer au XIXe siècle. En effet les premiers procédés, daguerréotype (à partir de 1839), tirages à partir de négatifs sur papier (à partir de 1847 en France) puis sur verre (à partir de 1851) se caractérisent par un temps de pose allant de quelques minutes à quelques secondes qui sont encore trop pour fixer le mouvement des flots. Des pionniers du daguerréotype comme Warnod et Macaire arrivent cependant à fixer le départ d'un navire remorqué hors du port du Havre. Prouesse qui fit grand bruit à l'époque. Ou quelques années plus tard Gustave Le Gray qui s'inspirant dans ses compositions des peintres de marine, réussit à fixer des vagues en mouvement dans le port de Sète suscitant là encore l'admiration générale.
Ce n'est qu'à partir des années 1880 et de l'invention du négatif au gélatino-bromure d'argent que l'on passe à la photographie instantanée (centièmes de seconde) qui permet de saisir tous les sujets mouvants. Mais dès les années 1850 les photographies de mer, de rivages, de ports, de bateaux, de marins sont nombreuses et prises dans des contextes variés. Certains comme Gustave Le Gray, Henri Le Secq ou Gabriel Cromer réalisent de véritables compositions artistiques rivalisant avec la peinture ou le dessin.
D'autres comme Durand Brager se lancent dans des reportages de guerre (le flotte française pendant la guerre de Crimée). D'autres encore comme Félix Bonfils ou les frères Abdullah proposent aux voyageurs des souvenirs des ports animés du Moyen-Orient. D'autres enfin comme Francis Bedfrod, Furne fils constituent des albums de vue des côtes bretonnes ou anglaises dans le goût des recueils de gravures ou de dessins.